Charles Joseph NATOIRE, Vénus à la toilette

Peinture du XVIIIe siècle
Charles Joseph Natoire (1700-1777), Vénus à sa toilette, 1742, huile sur toile.

Peintre des plus renommés de l’Académie de Paris durant les années 1730-1750, Natoire travailla pour le roi, la cour, de riches particuliers et l’Église. Cette clientèle prestigieuse était séduite par la grâce et la volupté de son pinceau, la fraîcheur et la luminosité de sa palette. Cette Vénus à sa toilette fut exposée au Salon de 1742 avec son pendant, une Vénus à la fontaine (non localisée). Natoire accordait une importance particulière à la destination de ses peintures comme en témoigne cette paire de tableaux, destinés à orner des dessus de portes. Ces deux compositions pensées ensemble étaient inversées l’une par rapport à l’autre, de sorte qu’elles se répondaient pour constituer un dialogue visuel. Les figures principales du premier plan sont conçues pour être vues par en dessous (da sotto in su). Le peintre avait déjà expérimenté des compositions de ce type et prouvé son adresse dans la représentation de décors de dessus de trumeaux dans le cycle peint de L’Histoire de Psyché, réalisé en 1737 à l’hôtel de Soubise qui accueille aujourd’hui les Archives nationales, à Paris. Le motif de la femme au miroir est fréquent dans la peinture européenne. C’est un hymne à la grâce féminine, mais aussi une méditation sur la beauté éphémère et la vanité de la vie, ou encore, une réflexion sur la vérité, parfois bien différente des apparences.

Charles Joseph NATOIRE, Vénus à la toilette © Musée des Beaux-Arts, Ville de Bordeaux

Charles Joseph NATOIRE, Vénus à la toilette © Musée des Beaux-Arts, Ville de Bordeaux