Valérie Belin. 'Les visions silencieuses'.

Du 24 avril au 28 octobre 2024. Galerie et musée des Beaux-Arts

Régulièrement, le musée des Beaux-Arts de Bordeaux invite des artistes contemporains à porter un regard sur ses collections. En 2024, le musée a le projet d'accueillir l’artiste Valérie Belin dans le cadre d'une exposition organisée en partenariat avec la Galerie Nathalie Obadia, Paris/Bruxelles. Ce projet s’inscrit dans le prolongement des expositions consacrées par le musée des Beaux-Arts aux artistes femmes, de l’artiste contemporaine Suzanne Lafont en 2018 dans le cadre de la commande artistique Garonne, à Rosa Bonheur en 2022.

Rassemblant une centaine de pièces couvrant toute la production de l’artiste, de la fin des années 1990 aux séries les plus récentes dont une inédite, l'exposition se déploie sur les deux sites du musée des Beaux-Arts, mettant en lumière la dimension singulière de son travail.
 À la Galerie des Beaux-Arts, sont réunies les séries les plus emblématiques de l’artiste (Robes, Modèles II, Michael Jackson, Black Women, Mariées marocaines, Têtes couronnées, Still Life, Bouquets, Corbeilles de fruits, Intérieurs, Bodybuilders…) auxquelles s’ajoutent les plus récentes (Painted Ladies, Reflection, Modern Royals, All Star et Heroes) ainsi que cinq œuvres inédites issues de la nouvelle série intitulée Lady Stardust (2023).
Les références nombreuses de Valérie Belin dans son œuvre à l’histoire de l’art, notamment à travers les thèmes iconiques de la nature morte, du portrait ou du nu, permettent un dialogue stimulant et inédit avec les collections bordelaises. Ainsi, dans les deux ailes du musée, onze photographies viennent converser avec les collections de peintures. Centré surtout sur le portrait féminin – sujet de prédilection de l'artiste –, le choix de ces correspondances repose sur des rapports avant tout formels.


Valérie Belin, Electra de la série Super Models, 2015 © Valérie Belin.

Valérie Belin (née en 1964) est considérée comme l’une des artistes photographes françaises les plus importantes de sa génération (lauréate du prestigieux prix Pictet en 2015). Elle est aussi une artiste majeure de la scène artistique française et internationale depuis ses débuts en 1993. Diplômée de l’ENSBA de Bourges et de la Sorbonne (philosophie de l’art), elle s’intéresse d’abord à l’art minimal et conceptuel américain avant de se tourner rapidement vers le médium photographique qui deviendra le véritable sujet de son œuvre. 

Jouant sur les codes de l’image et de la représentation, à travers des séries photographiques saturée de signes visuels pour les plus récentes, elle accompagne les mutations technologiques de la photographie, de l’analogique au numérique, tout en s’inscrivant dans la tradition des avant-gardes de l’entre-deux-guerres (réinterprétation des techniques de surimpression et solarisation). Son passage à la couleur, à partir de 2004, apporte à ses photographies une dimension plus picturale et un aspect ‘’kitsch’’ pleinement assumé.  Valérie Belin brouille les pistes entre réel et virtuel, nature et artifice, objets inanimés et êtres vivants.

Ses œuvres sont conservées dans les plus grandes collections publiques françaises et internationales (MNAM, musée d’Art moderne de la Ville de Paris, MAC/VAL, BnF, Fondation Cartier, LACMA, MoMA, V&A à Londres…). L’artiste est représentée depuis 2013 par la Galerie Nathalie Obadia qui soutient des artistes confirmés de la scène internationale, comme Martin Barré, Fabrice Hyber et Andres Serrano, et parmi lesquels un grand nombre de femmes (Jessica Stockholder, Carole Benzaken, Joana Vasconcelos, Agnès Varda, Shirley Jaffe, Laure Prouvost, Mickalene Thomas…).

Commissariat : Valérie Belin et Sophie Barthélémy, directrice du MusBA.

Valérie Belin, Electra de la série Super Models, 2015 © Valérie Belin

Valérie Belin, Electra de la série Super Models, 2015 © Valérie Belin