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Parcours Le Sens du détail. Photo : F. Deval, mairie de Bordeaux

Parcours Le Sens du détail

Et si vous partiez à la découverte de 10 œuvres… par leurs détails ?

Un parcours pour regarder autrement. Et si vous partiez à la découverte des œuvres… par leurs détails ?

À noter : certaines œuvres peuvent ne pas être visibles lors de votre visite car elles sont prêtées pour des expositions à d’autres musées en France ou à l’étranger.

Informations pratiques : livret en braille à demander à l’accueil.

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10 œuvres, 10 détails à retrouver

Le Sens du détail propose un parcours original à la rencontre de 10 peintures et sculptures des collections, réparti dans les deux ailes du musée. À la manière d’un jeu de piste, partez à la recherche de détails agrandis, observez-les, puis retrouvez-les dans les œuvres auxquelles ils appartiennent.

Un œil, une main, un morceau de drapé, une matière, un geste ou encore un élément presque invisible au premier regard : chaque détail devient une invitation à observer autrement et à découvrir ce que l’œuvre peut révéler lorsque l’on s’en approche.

À la recherche des détails

Ce parcours vous invite à quitter, un instant, le regard d’ensemble pour vous concentrer sur une partie de l’œuvre.

Les détails présentés en grand format permettent d’observer de près les gestes des artistes, les matières, les couleurs et les effets de lumière. En vous déplaçant dans les salles et en vous rapprochant des œuvres, vous pourrez comparer le détail et l’ensemble, faire des rapprochements et peut-être découvrir des éléments qui vous avaient échappé.

Chaque agrandissement est accompagné d’indices qui donnent quelques clés pour comprendre ce que vous cherchez.

Une expérience à vivre dans les salles

Ici, pas besoin d’écran pour zoomer : c’est votre regard qui se déplace.

Les détails sont matérialisés en volume, à proximité des œuvres originales. Cette mise en scène permet d’observer les formes et les matières autrement et de mieux comprendre les techniques employées par les artistes.

Un parcours conçu par

Le dispositif a été imaginé par Ronan Charles et Isabelle Beccia.

Isabelle Beccia, responsable de la médiation institutionnelle au musée, accompagne les visiteurs lors de visites commentées. Elle a sélectionné les œuvres et les détails du parcours et rédigé les textes qui les accompagnent.

L’artiste Ronan Charles, diplômé de l’École des arts de la Sorbonne, s’est formé aux techniques de la peinture ancienne à l’Atelier Néo-Medici. Il a réalisé les agrandissements en peinture et en sculpture du parcours, en s’appuyant sur les techniques et les matériaux des œuvres originales. Son savoir-faire lui permet de restituer avec précision les effets de matière, de transparence et de volume, jusqu’à l’illusion hyperréaliste.

Texte avec ancre
Pour aller plus loin
Texte

Un passé sans cesse à redécouvrir est le titre de la dernière partie du dernier chapitre intitulé Une histoire sans fin de l’ouvrage Histoire de l’art de E.H. Gombrich. Ce message de pérennité, que le célèbre historien de l’art a choisi pour clôturer son livre, devient l’amorce de ce dispositif de médiation qui entend, par l’agrandissement de détails des œuvres, se rapprocher de l’acte créateur, dévoiler des sens cachés jusqu’à offrir un rapport inédit avec l’œuvre, en détournant des conditions réglées de perception souvent maintenues pendant des siècles. En exacerbant le détail, le dispositif adapte l’œuvre et permet également à tout spectateur d’avoir une vue sur les nombreuses propriétés attribuées à la critique d’art par les philosophes esthéticiens telles que la délicatesse (Hume), la partialité (Baudelaire), le prolongement de sensation (Pareyson), la prise en compte d’un ensemble (Barthes), la distinction sociologique (Bourdieu). Ainsi, à l’instar de Cent mille milliards de poèmes de Raymond Queneau qui contredit l’idée de totalité achevée définissant traditionnellement l’œuvre, ce dispositif invite à ne pas considérer seulement l’œuvre entière d’un artiste comme un univers mais comme tout un tableau ou toute une sculpture.

Suppléer le numérique

L’hégémonie audiovisuelle caractéristique de notre époque monopolise la communication et détourne le public de la répartition sensorielle recherchée et transmise par les artistes à travers leurs œuvres. Ce dispositif de médiation nous affranchit de l’interface qu’impose le numérique.

En effet, la technique d’agrandissement, le « zoom », même avec la meilleure définition, demeure uniquement l’agrandissement d’une photographie de l’œuvre d’art disponible depuis n’importe quel lecteur numérique (ordinateur, tablette, téléphone) et donc accessible par des moyens (souris, clavier, écran tactile) s’écartant du mode d’expression prévu par les artistes. Le dispositif, par la prise en compte de la troisième dimension, propose un agrandissement de l’œuvre d’art réelle nécessitant le déplacement et la proximité du regardeur en l’invitant à une expérience avec les matériaux employés et les formes choisies par les artistes. 

Échantillonner l’authentique
À l’ère des biotechnologies, des Organismes Génétiquement Modifiés, des recherches sur le clonage, ce dispositif de médiation déplace le désir d’exploitation et de manipulation de l’authentique dans le champ artistique en agissant comme une application matérialisée de l’histoire de l’art et de l’esthétique, une mise en pratique des sciences de l’art.

L’échantillonnage, déjà connu dans l’art musical (le sample) et se retrouvant dans notre quotidien dans les commerces et les applications en ligne est un choix de l’aspect d’un produit, l’élément d’une chose. Le procédé est ici repris tout en invitant, par son exposition à proximité de l’œuvre entière, à sa critique. Le dispositif, par un cadrage d’une partie de l’œuvre rendant parfois cette dernière très dissemblable de son ensemble, illustre également la notion « d’avatar » très employée par les générations internautes.

Un dispositif pour le musée des Beaux-Arts
Les centres d’art contemporain contredisent souvent l’idée d’artefact, répondent à la notion de plasticité définissant les arts plastiques depuis la seconde moitié du 20e siècle et exploitent davantage une vision du détournement répartie dans l’espace que celle du détournement d’un savoir-faire.
Le recours au détail, comme l’usage de la virtuosité pour obtenir l’illusion, trouvent aujourd’hui une justification plus évidente dans une institution conservant les œuvres d’époques ayant évolué dans un paradigme artistique différent et particulièrement avec la notion de « Beaux-Arts ».