L’œuvre de Claude Garache se reconnaît aisément par le double choix qu’il fit de n’utiliser qu’une seule couleur - le rouge - et qu’un seul motif, celui du corps féminin.
Le rouge s’est imposé d’emblée à l’artiste comme le matériau le plus apte à « faire surgir le corps » et à capter avec la plus grande justesse sa structure mouvante. Par sa force expressive, sa sensorialité et sa valeur symbolique, cette couleur est en effet celle qui se rapproche le plus de la chair et du sang qui coule sous la peau.
L’artiste voit aussi dans le corps un formidable terrain de jeu et d’expérimentations formelles : « un territoire en volume impérieusement arrêté dans ses dimensions » où pesanteur et fluidité, loin de s’opposer, dialoguent ensemble. À la variété des nuances de rouge répond aussi celle des postures et des cadrages qui ne sont jamais les mêmes.
Cette œuvre, qui a rejoint les collections du MusBA en 2026, s’inscrit dans la tradition académique du nu, particulièrement bien représentée dans les collections avec les œuvres d’Albert Marquet, de Raoul Dufy ou encore de Georges Dorignac à côté de laquelle Ramonde vient dialoguer dans l'accrochage de l'aile Bonheur.