Initié par son père à la peinture, Louis Valtat est formé à l’École des Beaux-Arts de Paris puis à l’Académie Julian, alors la seule école d’art ouverte aux artistes femmes et étrangers. Les influences des Nabis, Bonnard et Vuillard, se combinent alors à celles de Van Gogh et Gauguin pour donner les caractéristiques de l’œuvre de Valtat, à savoir un dessin simplifié, l’usage de cernes noirs, les contrastes violents de couleurs posées en aplats.
À partir du milieu des années 1890, il se rend périodiquement à Arcachon, Banuyls et en Espagne pour y soigner sa tuberculose. C’est probablement durant une excursion en Catalogne qu’il réalise ce portrait pleinement représentatif de son style. Comme pour Les Nourrices, une autre de ses œuvres présente dans les collections du MusBA, le traitement par touches larges apposées les unes à côté des autres évoque le pointillisme d’Edmond Cross, que Valtat a rencontré sur la côte méditerranéenne. Là aussi le cadrage audacieux interroge : le sujet est-il la jeune femme ou le paysage qui s’ouvre derrière elle ?