Les Héritiers

Jean-Eugène Buland

Image

Date : 1887
Technique : huile sur toile
Dimensions : H. 180 cm ; L. 220 cm (sans cadre)
Acquisition : achat par l’État en 1887, transféré à la Ville de Bordeaux en 2012
N° inv. : Bx E 871
Exposé
Crédit photo : F. Deval, mairie de Bordeaux

Zone de contenu

Seul envoi de Jean-Eugène Buland au Salon de 1887, cette toile illustre la prédilection de l’artiste pour les sujets inspirés de la vie quotidienne dans les campagnes et témoigne de ce sens du détail, de cette précision du rendu, qui en font un artiste rare et hyperréaliste avant l’heure. 

Buland s’affranchit de l’académisme de son maître Alexandre Cabanel ; il décrit cette impression du temps suspendu, dans la lignée des peintres de la réalité qui émergent au 17e siècle avec les frères Le Nain. 

Véritable chroniqueur des mœurs de la société rurale de son temps, Buland se révèle aussi un psychologue subtil.
À mi-chemin entre réalité et illusion, peinture et photographie, le tableau frappe le spectateur par l’ambiguïté étrange qui se dégage des protagonistes dans le deuil, impassibles, claquemurés dans leurs pensées, attendant de se voir notifier un héritage.
La scène est structurée par une implacable organisation des plans.

Le rouge, qui s’oppose aux couleurs sombres et austères, oriente notre lecture, s’attachant à révéler le coffre ouvert, les scellés, la banderole officielle et enfin le testament, objet de toutes les attentes.

La réalité, recomposée en atelier, n’est qu’apparente et ces « héritiers désillusionnés » (Georges Lafenestre, 1887) semblent les héros d’un drame, impression renforcée par le cadrage serré de cet étouffant huis clos familial. 

Parallèles littéraires

À la manière de Maupassant, Buland raconte des histoires courtes, des nouvelles. 
Avec cette scène typique du réalisme social, psychologique et de situation que l'on trouve fréquemment chez les petits maîtres de la fin du 19e siècle, on peut aussi le rapprocher de l'esprit critique de Balzac ou de Zola.

Lecteur audio
00:00 / 00:00
Légende

Écoutez la notice de l’œuvre

Transcription de l'audio

Seul envoi d’Eugène Buland au Salon de 1887, cette toile intitulée Les Héritiers illustre la prédilection de l’artiste pour les sujets inspirés de la vie quotidienne dans les campagnes. 
Dans cette œuvre, le peintre se concentre sur une étude des comportements provinciaux, décrivant la vie paisible, silencieuse et l’impression du temps suspendu, dans la lignée des frères Le Nain au 17e siècle. A la manière de Maupassant, Buland raconte des histoires courtes, des nouvelles. La scène ici représentée frappe le spectateur par son étrange ambiguïté. Dans le cadrage serré d’un étouffant huis-clos familial, des personnages impassibles, claquemurés dans leurs pensées, attendent la lecture du testament. La scène est structurée par une implacable organisation des plans, qui enferment les modèles dans une trame orthogonale. Le rouge, qui s’oppose aux couleurs sombres et austères, oriente notre lecture, s’attachant à révéler le coffre ouvert, les scellés, la banderole officielle et enfin le testament, objet de toutes les attentes. 
S’affranchissant des leçons de son maître Alexandre Cabanel, Buland subit l’influence naturaliste. Il privilégie les détails et un dessin inspiré par la précision photographique, ce qui en fait un artiste rare et hyperréaliste avant l’heure.