Avant-propos du catalogue par Dominique Cante - Conservateur en Chef du Patrimoine :
« […] Lorsque s’impose à un artiste l’idée de peindre une Crucifixion, la longue succession des corps sanglants du Christ qui jalonnent l’histoire de la peinture européenne ne peut manquer de ressurgir en lui. Le terrible retable de Grünewald du musée de Colmar n’a pas cessé de hanter les artistes du 20e siècle. Au-delà de cette représentation, Picasso ou encore Antonio Saura ont été obsédés par ce thème. L’idée même du corps blessé, manifestant sa souffrance fait partie intégrante de notre vision contemporaine. Elle ne peut être évacuée par ceux-là même dont on sait combien ils résonnent au monde.
Si la pratique picturale de Claude Bellan s’exprime au moyen des techniques traditionnelles de son art, les questions qu’elle pose ont l’urgence, l’acuité du temps présent. Ce travail, par sa maturité, son énergie, sa convaincante autorité, sa force expressive, nous oblige à nous définir par rapport à lui et revient alors à rejoindre les grands débats qui sous-tendent l’art actuel. C’est ce à quoi voudrait inciter cette exposition. »