Claude Garache
(Paris, 1929 – Paris, 2023)
Bien que peu connu du grand public, Claude Garache (1929-2023) est pourtant l’un des artistes les plus importants de sa génération. Menant une carrière à l’écart des institutions publiques et du marché de l’art, il fut toujours en marge des modes et privilégia surtout le travail d’atelier.
Claude Garache se forme dans les années 1950 à l’atelier d’art monumental de l’École nationale des Beaux-Arts et au sein de diverses académies privées, en particulier auprès du sculpteur Robert Coutin qui lui enseigne le dessin et la sculpture et où il rencontre sa future épouse Hélène, ainsi qu’auprès des peintres Fernand Léger et André Lhote (né à Bordeaux) dont le MusBA conserve un fonds de référence.
Avant se fixer à Paris en 1959, il parcourt l’Europe (Pays-Bas, Belgique, Italie, Grèce, Espagne où il séjourne un an à la Casa Velasquez) et le Moyen-Orient (Liban, Syrie, Iran…). Infatigable voyageur et esprit curieux, il séjourne également aux États-Unis et devient le conseiller artistique de la MGM à Hollywood, notamment pour le film de Vincente Minnelli sur Van Gogh, Lust for Life, en 1956.
De retour à Paris, il commence à travailler face au modèle dans son atelier de la rue du Cherche-Midi. C’est dès cette époque qu’il se lie avec Raoul Ubac et Alberto Giacometti. Ses premières expositions à la galerie Marguerite et Aimé Maeght (ouverte en 1945) qui le représentera jusqu’en 1981 et où il côtoie les artistes les plus célèbres de l’époque, attirent l’attention de Chagall et de Miró.
Artiste cultivé et graveur accompli, Claude Garache tisse également des liens d’une amitié profonde et durable avec de nombreux écrivains et poètes, tels que Jacques Dupin, Philippe Jaccottet, Edmond Jabès, Jean Starobinski (auteur d’une monographie sur l’artiste, Flammarion, 1988), Bernard Noël, Anne de Staël et surtout Yves Bonnefoy.
Ce cercle intellectuel, contributeur de prestigieuses revues d’art et de littérature de son temps (Derrière le Miroir, La Revue des Belles-Lettres), s’étend également au monde universitaire des historiens et historiens de l’art. Parmi eux, on peut citer Georges Duby, Jacques Thuillier ou encore Marc Fumaroli.
S’il se revendique comme un « électron libre », Garache n’a jamais caché son admiration pour les grands maîtres des 19e et 20e siècles, tels que Degas, Monet, Cézanne, Matisse ou encore Mondrian.