Lune

Auguste Herbin

Image

Date :  1945
Technique : huile sur toile
Dimensions :  H. 73,2 ; L. 60,2 (sans cadre)
Acquisition :  don de l'artiste, 1948, à l'occasion de sa présence à Bordeaux, au Salon des Réalités Nouvelles
N° inv. : Bx E 1740
Non exposé 
Crédit ADAGP, Paris, 2025, photo : F. Deval, mairie de Bordeaux

Zone de contenu

L’œuvre d’Auguste Herbin (1882-1960) est emblématique de l’abstraction géométrique. L’artiste élimine toute trace de geste, tout effet de matière, tout élément figuratif, et conçoit ses peintures selon un procédé systématique, pensé en amont.

Après une période impressionniste, Herbin découvre l’approche structurée de Cézanne, marquée par une construction rigoureuse des formes. Il adopte ensuite le cubisme, dans une vision déjà épurée et architecturale, avant de se tourner définitivement vers l’abstraction en 1927.
 
C’est en 1945 qu’il crée son « alphabet plastique », qui lui servira à composer 169 peintures jusqu’à la fin de sa vie. Cet alphabet repose sur un choix de formes et de couleurs associées à des lettres et à des notes de musique. 

Les formes qu’il privilégie sont essentiellement le carré, le cercle et le triangle, ainsi que le demi-cercle. Les couleurs sont les teintes primaires et les complémentaires, plus ou moins claires ou foncées, auxquelles s’ajoutent le noir et le blanc. 

Les lettres du mot-titre choisi déterminent ainsi l’essentiel des formes et des couleurs de la peinture, auxquelles sont associés d’autres éléments colorés agencés de manière subjective.

 

Dans ce tableau, le triangle jaune correspond à la lettre « L », le demi-cercle bleu au « U », le cercle et le triangle blancs à la lettre « N » et le cercle rouge au « E ». Par le jeu des figures et des couleurs, fond et formes sont imbriqués, donnant à la composition une dynamique qui mobilise le regard. 

 

 

 

 

À noter

Auguste Herbin a fait don de cette œuvre en 1949 à la Ville de Bordeaux (surnommée Port de la Lune) à la suite du Salon des Réalités Nouvelles, organisé cette même année à la Galerie des Beaux-Arts.

 

À noter bis

À propos du choix des mots, l’historien de l’art François Bazzoli note : « Le seul mot revenant trois fois est le nom du peintre, Herbin. Ce retour semble signaler ces toiles comme faisant fonction d’autoportrait ».

Lecteur audio
00:00 / 00:00
Légende

Écoutez la notice de l’œuvre

Transcription de l'audio

Vous voici devant une huile sur toile d’Auguste Herbin. 

En 1945, le peintre crée un « alphabet plastique » pour composer ses œuvres. Celui-ci repose sur un choix de formes simples, le carré, le rectangle, le triangle, le cercle et le demi-cercle, mais aussi de couleurs primaires et complémentaires, auxquelles s’ajoutent le noir et le blanc. 

À ces éléments, l’artiste associe des lettres et des notes de musique. Les lettres du mot-titre choisi pour cette toile déterminent l’essentiel des formes et des couleurs qui s’y trouvent. En effet, dans ce tableau, intitulé Lune, le triangle jaune correspond à la lettre « L », le demi-cercle bleu au « U », le cercle et le triangle blancs à la lettre « N » et le cercle rouge au « E ». De manière amusante, la prononciation du mot intervient lorsque vous admirez la composition. 

Ainsi conçu, le tableau-mot dévoile l’essence des choses. Par le jeu des figures et des couleurs, les différents plans se mêlent, donnant à la composition une dynamique qui mobilise le regard. Selon les mots de l’artiste c’est « en renonçant à l’objet, [que] nous avons retrouvé la parole et l’action créatrice ».