Paysage de l'Île-de-France

Georges Seurat

Image

Date : 1881-1882
Cachet "Moline" en rouge, en bas à droite : Seurat
Technique : huile sur toile
Dimensions : H. 32,5 cm ; L. 40,5 cm 
Acquisition : legs Marquet aux Musées Nationaux, 1948 - Dépôt du Louvre au Musée des Beaux-Arts de Bordeaux, 1982 
N° inv. : Bx D 1962 2 13 
Exposé
Crédit photo :  F. Deval, mairie de Bordeaux

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Les prémices du « réformateur » de l’impressionnisme… 

Malgré sa courte carrière (né en 1859, il meurt à l'âge de 31 ans, victime de la diphtérie), Georges Seurat est considéré comme l’un des artistes majeurs de la fin du 19e siècle pour avoir inventé la technique dite du pointillisme, on parle aussi de divisionnisme, qui consiste à peindre par points de couleurs juxtaposés. 

Seurat, après avoir découvert les impressionnistes, se donne pour objectif, en expérimentateur intrépide, de dépasser leur méthode intuitive et leurs représentations spontanées grâce à une démarche scientifique. 

Dans le traité d’Ogden Rood, Théorie scientifique des couleurs (1881), il trouve la justification des touches de couleurs accolées et du mélange optique. Pour Seurat, la conscience et la méthode doivent primer sur l’intuition. 

Ce tableau témoigne de ses recherches sur l’application des touches de peinture. Ici, il ne « pointille » pas encore, mais, selon son expression, il pratique le « balayé », appliquant la couleur en touches entrecroisées. 

Ce procédé spécifique confère à l’œuvre un velouté qui rappelle les modulations de ses dessins au crayon.  

Si la touche morcelée est déjà présente, Seurat n’explore pas encore pleinement les oppositions de tonalités. Cela viendra un peu plus tard, lorsque, poursuivant ses expérimentations, il les rendra plus marquées, poursuivant ses recherches avec rigueur. 

Lors de sa participation à la huitième exposition des impressionnistes en 1886, il rencontre une hostilité de la part du reste du groupe qui juge ses principes esthétiques trop rigides. 

À noter

Seurat surnomme ses petits formats de jeunesse ses « croquetons » : des petites toiles faciles à emporter pour peindre à la campagne, bien qu’il les termine souvent dans son atelier. 

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Georges Seurat réalise ce Paysage de l’ Île-de-France entre 1881 et 1882, alors qu’il débute sa carrière de peintre. À cette époque, il adhère totalement aux thématiques impressionnistes, qui privilégient les paysages et les scènes de genre, dans une veine qui rappelle l’École de Barbizon et les disciples de Corot. Seurat surnomme les petits formats de cette époque ses « croquetons ». Comme le montre ce tableau, qui témoigne de recherches sur l’application de la touche, Seurat est grandement influencé par Delacroix, grand spécialiste des mélanges optiques. Le peintre pratique ici ce qu’il appelle le « balayé ». Il s’agit de touches entrecroisées qui « très enlevées ressemblent à de la paille hachée ». Elles confèrent à ce paysage un certain velouté.  

Rapidement, le peintre se détachera des représentations spontanées et mettra en place une méthode scientifique, influencée par les traités sur l’optique et la lumière. Ces expérimentations se concrétisent par des touches de peinture semblables à de minuscules points de couleurs pures. Cette technique est alors nommée divisionnisme ou pointillisme. Seurat décède très jeune, à seulement 31 ans, victime de la diphtérie. Malgré sa courte carrière, il est considéré par les avant-gardes comme l’un des artistes majeurs de la fin du 19e siècle.