Appel à communication

Bordeaux, Paris, Rome, New York… La tradition réaffirmée du grand décor durant l’entre-deux-guerres

Image
Jean Dupas, La Gloire de Bordeaux, détail, 1937, MusBA. ADAGP, Paris, Photo : F. Deval, mairie de Bordeaux
Colloque

30 March 2026 - 30 May 2026

Appel à communication pour le colloque international Bordeaux, Paris, Rome, New York… La tradition réaffirmée du grand décor durant l’entre-deux-guerres à Bordeaux, 5-6 novembre 2026.

Colloque international, Bordeaux, 5-6 novembre 2026

Dans la continuité de l’atelier qui avait donné lieu en 2020 à la publication Une tradition révolutionnaire. Les arts figuratifs de Rome à Paris 1905-1940 et à l’occasion de l’exposition Jean Dupas & Co. Le grand Art déco (musée des Beaux-Arts de Bordeaux, 26 juin-29 novembre 2026), le musée des Beaux-Arts de Bordeaux, le département d’histoire de l’art de l’Académie de France à Rome - Villa Médicis et le centre de recherche en histoire de l’art F.-G. Pariset (ur 538, université Bordeaux Montaigne), ont souhaité organiser un colloque international, qui se tiendra à Bordeaux, à l’auditorium de la bibliothèque Mériadeck (85 cours Maréchal Juin), le jeudi 5 et le vendredi 6 novembre 2026.

Ce colloque international se propose d’explorer la dynamique paradoxale de la tradition : la résistance au modernisme développée par certains artistes formés dans le cadre officiel de l’École des beaux-arts se conjugue en effet à des propositions d’évolution se traduisant tout particulièrement par un investissement dans le grand décor, qu’il s’agisse de bâtiments publics, de paquebots ou de pavillons d’exposition.

Le parcours même de Jean Dupas – de Bordeaux à Paris, Rome et New York – est exemplaire de cette dynamique, stimulée par des circulations et échanges, qui produit un art difficile à qualifier pour les critiques et les historiens. En témoignent notamment les grands programmes décoratifs auxquels il est associé, en particulier la Bourse du travail de Bordeaux (1938). Le rôle de certains architectes comme Expert, d’Welles, Roux-Spitz, Carlu ou Beaudouin, est central dans la réunion du groupe d’artistes qui, autour de Dupas et de ses amis, dont plusieurs comme lui sont Prix de Rome, prend part à l’élaboration d’un « art décoratif ». De même le cadre des expositions nationales ou internationales est essentiel pour ce type de productions, parfois éphémères.

Ces artistes, rejetant les avant-gardes aussi bien que la routine académique, tentent d’ouvrir une voie alternative privilégiant une évolution fondée sur les principes fondateurs de l’École tout en adoptant des stylisations et des déformations assez maniéristes, qui sont une des bases de ce que l’on qualifie parfois comme « peinture Art Déco », notion en vérité réductrice. Si certains ont pu y voir un « classicisme décoratif » (Arsène Alexandre), il apparaît bien que cet art échappe aux catégories convenues.

Ces tendances sont concomitantes en France, en Italie et en Amérique du Nord. Ne serait-ce pas aussi parce que les plus actifs de ces défenseurs d’une tradition vivante ont été formés à Rome ? Les perspectives de ce colloque doivent s’élargir aux États-Unis où la pratique du grand décor et le culte de la notion de tradition, de l’American Renaissance à l’American Scene, structurent une fraction notable du champ artistique dans une relation d’attraction/répulsion avec l’Europe. Parmi les illustrations possibles de ce phénomène, citons les pensionnaires de l’American Academy in Rome, les exposants de l’Architectural League de New York ou bien encore Thomas Hart Benton, dont le langage plastique doit beaucoup aux décorateurs de la Renaissance italienne.

L’hypothèse centrale de ce colloque n’est pas tant la recherche d’« influences » que celle d’affinités, plastiques et idéologiques, et de convergences entre les artistes passés par la Villa Médicis ou l’American Academy, certains artistes italiens du Novecento comme Sironi, ou des artistes italiens spécialisés dans la peinture murale, comme Ferrazzi, Campigli ou Cagli, qui présentent les mêmes aspirations et traitent de thèmes communs.

Axes du colloque

  1. Dupas, ses amis : positionnement artistique et idéologique, exemples de grands décors, dont évidemment ceux de Bordeaux, en privilégiant certains ensembles encore peu étudiés.
  2. Artistes italiens et américains qui ont exprimé ces tendances prioritairement à travers le grand décor, en envisageant leur formation et les cadres de leurs productions, car l’entre-deux-guerres est marquée par des « grands » programmes politiques explicites.
  3. Tentative de qualifier ces productions à travers leurs options tant plastiques qu’idéologiques, les catégories proposées à ce jour par l’historiographie, néo-classicisme, Retour à l’ordre, etc. ou même Art Déco s’avérant peu convaincantes.

Les propositions (350 mots au maximum), rédigées devront être envoyées au plus tard le 30 mai 2026, accompagnées d’une courte bio-bibliographie à : 

Les participants recevront une réponse le 30 juin 2026.

Les communications devront durer 25 minutes au maximum.

Ce colloque international est destiné à la publication, après examen des manuscrits par le comité scientifique.

Comité scientifique

  • Sophie Barthélémy, directrice du musée des Beaux-Arts de Bordeaux
  • Alessandro Gallicchio, maître de conférences, Sorbonne Université, directeur du département d’histoire de l’art de l’Académie de France à Rome – Villa Médicis
  • Laurent Houssais, maître de conférences, université Bordeaux Montaigne, directeur du centre de recherche en histoire de l’art F.-G. Pariset (ur 538)
  • Laura Iamurri, professeure, Università degli Studi, Roma Tre
  • Dominique Jarrassé, professeur honoraire associé, université Bordeaux Montaigne, professeur à l’École du Louvre
  • Pierre Sérié, maître de conférences hdr, université Clermont-Auvergne, Clermont-Ferrand
  • Margaux Wymbs, conservatrice des collections xixe-xxe au musée des Beaux-Arts de Bordeaux

Comité d’organisation

  • Alessandro Gallicchio, maître de conférences, Paris Sorbonne, directeur du département d’histoire de l’art de l’Académie de France à Rome 
  • Laurent Houssais, maître de conférences, université Bordeaux Montaigne, directeur du centre de recherche en histoire de l’art F.-G. Pariset (ur 538)
  • Margaux Wymbs, conservatrice des collections xixe-xxe au musée des Beaux-Arts de Bordeaux.